
Histoire bourguignonne
Charles le Téméraire et la Bruges bourguignonne : le duc, les noces de 1468 et notre demeure
Charles le Téméraire (1433 à 1477) fut le dernier duc de Bourgogne de sa lignée. Il régnait sur des territoires qui s'étendaient de la mer du Nord à la Bourgogne. Bruges était l'une de ses villes les plus riches et un lieu de séjour privilégié de la cour. Il y épousa Marguerite d'York en 1468. Son monument funéraire se trouve dans l'église Notre-Dame, et notre hôtel occupe la demeure construite pour lui lorsqu'il était jeune prince, dans l'enceinte du palais ducal.
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Qui était Charles le Téméraire ?
Né à Dijon le 10 novembre 1433, il était le fils du duc Philippe le Bon. Héritier, il portait le titre de comte de Charolais, avant de devenir duc de Bourgogne le 15 juin 1467. Les territoires de son père lui donnèrent autorité sur la majeure partie des Pays-Bas, dont la Flandre et Bruges.
Son surnom varie selon les langues. En néerlandais, il est Karel de Stoute ; en français, Charles le Téméraire, un qualificatif qui évoque l'imprudence et une audace irréfléchie. Il passa son règne à faire la guerre pour tenter de réunir ses territoires en un seul royaume. Il fut tué à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477. Son corps fut retrouvé deux jours plus tard, gelé dans la glace.
Notre demeure : l'Hôtel Charolais
L'Hotel Karel de Stoute se trouve au Moerstraat 23. L'inventaire du patrimoine flamand décrit la demeure comme le bâtiment dit "Hôtel Charolais", construit dans la seconde moitié du XVe siècle pour le jeune Charles le Téméraire, dans le domaine du Prinsenhof, le palais des ducs de Bourgogne à Bruges. Un plan de la ville de 1641 le désigne sous le nom "Aula Princips Carolus" : la salle du prince Charles.
La façade sur rue date de 1849 et a remplacé deux pignons.
Les caves conservent leurs voûtes d'arêtes, et la demeure possède encore des poutres en chêne aux extrémités sculptées.
Protégée au titre des monuments depuis le 26 avril 2002.
Un hôtel depuis sa restauration en 1986 et 1987.
Le Prinsenhof, palais ducal
Le Prinsenhof était la résidence des ducs de Bourgogne à Bruges. Au XVe siècle, ce palais privé comprenait une tour de château, une chapelle, un terrain de jeu de paume, un verger, une maison de bains, des jardins et même une ménagerie. Son domaine s'étendait jusqu'à notre rue. Philippe le Bon fonda l'ordre de la Toison d'or à Bruges en 1430, lors des célébrations de son propre mariage.
Après l'époque bourguignonne, le palais fut vendu, puis en grande partie démoli au XVIIe siècle. Les bâtiments actuels datent pour l'essentiel d'une reconstruction du XIXe siècle et abritent aujourd'hui un hôtel.
Les noces de Charles le Téméraire en 1468
Le 3 juillet 1468, Charles épousa Marguerite d'York, sœur du roi Édouard IV d'Angleterre. Les vœux furent échangés tôt le matin dans la maison d'un marchand à Damme. Les époux firent ensuite leur entrée à Bruges séparément pour les festivités. Celles-ci comprenaient le tournoi du Pas d'armes de l'Arbre d'Or, où les écus des chevaliers étaient suspendus à un arbre artificiel doré. Le noble brugeois Anselm Adornes participa à son organisation.
Cette même année, le 2 mai, Charles réunit également un chapitre de l'ordre de la Toison d'or dans l'église Notre-Dame.
Bruges commémore encore ces noces avec le Cortège de l'Arbre d'Or, une procession historique organisée à quelques années d'intervalle.
Marie de Bourgogne
Marie, l'unique enfant de Charles, naquit à Bruxelles en 1457. À la mort de son père, elle hérita de ses territoires et épousa Maximilien d'Autriche en 1477. En mars 1482, lors d'une chasse près de Wijnendale, elle tomba de cheval. Elle mourut de ses blessures le 27 mars 1482, à l'âge de 25 ans. Une plaque au Prinsenhof indique qu'elle y est décédée. Elle fut inhumée dans l'église Notre-Dame, où son tombeau en bronze doré se trouve à côté de celui de son père.
Sa mort entraîna des années de conflits. En 1488, les Brugeois retinrent Maximilien prisonnier pendant plusieurs semaines dans le Craenenburg, une maison sur le Markt.
L'histoire de Bruges, cité marchande
À l'époque bourguignonne, Bruges était l'une des grandes places commerciales d'Europe. Les navires atteignaient la ville par le Zwin, un bras de mer. Des marchands italiens de Gênes, de Florence et de Venise y possédaient des maisons de commerce, et la Hanse allemande y avait son comptoir.
Les marchands se retrouvaient sur une petite place devant l'auberge de la famille Van der Beurze, déjà en activité en 1285. Le nom de cette famille a donné, dans de nombreuses langues, le mot "bourse", au sens de marché de valeurs. La place porte toujours le nom d'Oude Beursplein.
Le déclin fut progressif. À partir de 1500 environ, le Zwin s'ensabla. Les navires ne pouvaient plus atteindre la ville, et le commerce, les marchands, puis finalement la bourse se déplacèrent vers Anvers. Bruges devint plus calme, ce qui explique la préservation d'une si grande partie de la ville médiévale.
Où retrouver les traces de Charles le Téméraire aujourd'hui ?
Les tombeaux
le monument funéraire de Charles et le tombeau de Marie dans le chœur de l'église Notre-Dame, à environ 10 minutes à pied de l'hôtel.
Le musée Gruuthuse
le palais de Louis de Gruuthuse, un noble de la cour bourguignonne, avec son oratoire privé donnant sur l'intérieur de l'église Notre-Dame.
Le Markt
le Craenenburg, où Maximilien fut retenu en 1488, et l'Historium, qui raconte une histoire située dans la Bruges du XVe siècle.
L'Oude Beursplein
la place qui a donné son nom à la bourse.
Le Prinsenhof
au coin de la rue de notre demeure, là où résidait la cour.
Notre demeure
l'Hôtel Charolais lui-même, au Moerstraat 23.
Questions fréquentes
Qui était Charles le Téméraire ?
Duc de Bourgogne de 1467 à 1477, il était le fils de Philippe le Bon et le père de Marie de Bourgogne. Il régnait sur la majeure partie des Pays-Bas, dont Bruges, et fut tué à la bataille de Nancy.
Pourquoi est-il surnommé "le Téméraire" ?
En français, il est appelé "le Téméraire", un mot qui signifie imprudent ou d'une audace irréfléchie. En néerlandais, il est Karel de Stoute, le nom que porte notre hôtel.
Où Charles le Téméraire est-il enterré ?
Son monument funéraire se trouve dans le chœur de l'église Notre-Dame à Bruges, à côté de celui de Marie de Bourgogne. Ses restes y furent transférés depuis Nancy au XVIe siècle, mais leur attribution à Charles reste débattue.
Charles le Téméraire s'est-il marié à Bruges ?
Il épousa Marguerite d'York le 3 juillet 1468. Les vœux furent échangés à Damme, près de Bruges, et les festivités, dont le tournoi du Pas d'armes de l'Arbre d'Or, eurent lieu à Bruges.
L'Hotel Karel de Stoute a-t-il réellement un lien avec Charles le Téméraire ?
Oui. L'inventaire du patrimoine flamand décrit la demeure comme ayant été construite dans la seconde moitié du XVe siècle pour le jeune Charles le Téméraire, dans le domaine du Prinsenhof. Elle est protégée au titre des monuments depuis 2002.
Pourquoi Bruges a-t-elle perdu son commerce ?
À partir de 1500 environ, le Zwin, qui reliait la ville à la mer, s'ensabla, et le commerce se déplaça vers Anvers.
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